Qui sommes nous ?

Le service des archives de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) conserve de précieux témoignages des principales institutions charitables et médicales créées depuis le Moyen-âge par l’assistance publique à Paris et la région Ile-de-France.

On sait l’importance des archives des hôpitaux ou des autres structures qui en tenaient lieu au Moyen-âge et sous l’Ancien Régime, importance liée avant tout à la nécessité de gérer un patrimoine conséquent, d’origine complexe (dons, legs, achats, etc.), pourvoyeur des ressources nécessaires à la prise en charge des indigents, clientèle majoritaire de ces établissements.

Actuellement, les collectes régulières d’archives médicales et administratives dans les établissements de l’AP-HP continuent cette longue tradition de préservation de la mémoire hospitalière, à des fins culturelles comme de bonne gestion.

Le service comprend également une bibliothèque spécialisée en histoire hospitalière et, ou plus largement, en histoire sociale, dans le domaine de l’assistance.

Historique du service et des fonds
 En 1801, lors de la création du Conseil général des hospices, les fonds de l’AP-HP furent essentiellement constitués des archives : de l’Hôtel-Dieu de Paris, fondé au Moyen-âge et qui comprenait divers établissements à Paris à la veille de la Révolution ; de celles du Grand bureau des pauvres, ouvert en 1544 pour dispenser des secours aux plus démunis et de celles de l’Hôpital Général, qui réunissait initialement en 1656 cinq maisons hospitalières dont deux sont encore aujourd’hui d’importants sites en activité (la Pitié-Salpetrière et Bicêtre).

Avant la Révolution
 Dès 1535, des dépenses furent décidées à l’Hôtel-Dieu pour dresser les « inventaires » des titres et papiers produits par l’institution, afin d’en connaître le contenu. Le premier inventaire qui nous est parvenu fut rédigé entre 1591 et 1602 par Jean Lhostellier et Pierre Bézart et compte 7 tomes. Un poste de « garde des archives » fut créé au cours du XVIIe s, hébergé dans l’Hôtel de la Huchette sur l’île de la Cité, où se réunissait le Bureau de l’Hôtel Dieu. Un aide avocat au Parlement, secondait l’archiviste et 24 clefs protégeaient les fonds.

Le 16 octobre 1733, le Bureau « s’inquiète [de] l’état et la situation des lieux où sont les titres de tous les fonds domaines et effez appartenans à l’Hôtel Dieu et généralement tous les papiers qui concernent les droits actifs et passifs et les privilèges de cette maison » et décide d’élever rue Saint-Pierre-aux-Bœufs sur l’île de la Cité « un bâtiment solide et de pierre, composé de différents étages tous voutés dont les plus élevés serviront à renfermer les archives » […] « pour [les] garantir des accidents du feu », pour un coût de 137 000 livres (délibération de l’Hôtel Dieu, 16 octobre 1733, liasse 1438 carton 103). Les Archives s’ installent dans ces nouveaux locaux en 1740.

Durant la Révolution, les fonds de l’Hôtel-Dieu furent épargnés par les destructions, mais une vente aux enchères de 1550 cartons eut lieu.

Le XIXe siècle
 En 1801, à la création du Conseil général des Hospices et hôpitaux de Paris, auquel succède en 1849 l’organisation de l’administration générale de l’Assistance publique à Paris, un service prend en charge l’ensemble des fonds hospitaliers réunis. En 1836, les archives sont transférées dans l’ancien hospice des Enfants-Trouvés du parvis Notre-Dame, puis elles rejoignent en 1858 les locaux de l’administration générale, avenue Victoria, où elles trouvent place dans les combles. Lors de l’incendie de mai 1871, seules 12 caisses entreposées in extremis dans les caves à l’initiative de l’archiviste Brièle, sont sauvées des flammes. 21 fonds anciens sur 28, 49 armoires sur 69 sont détruits, dont quasiment toutes les archives de l’Hôpital général. Les inventaires anciens de Brièle, Valette et Bordier donnent une juste idée de ces pertes irréparables.

Par la suite, au décès de Brièle, les fonds anciens sont laissés en déshérence. Les locaux sont ouverts à tout vent et des pilleurs retirent tous les sceaux conservés jusqu’alors (environ 2000).

Le XXe siècle
 Au tournant du siècle, des érudits et des hommes politiques s’émeuvent de l’abandon de ces archives et proposent le transfert des plus anciennes aux Archives de la Seine, ce qui entraîne une vive polémique en 1903. En janvier 1904, le conseil municipal de Paris suit le projet présenté par Ranson et se prononce favorablement pour leur conservation au sein de l’Assistance publique. Le chef de cabinet du directeur général, Gustave Mesureur, s’engage alors à faire classer les fonds et à installer correctement le service, à l’aide d’une subvention de 15000 francs de la ville pour aménager les locaux. En même temps, et jusqu’en 1912, l’archiviste Fosseyeux lance une importante collecte d’archives anciennes conservées encore dans les hôpitaux. Dans les années 1940, le service des archives est installé dans le Marais, rue des Minimes. En 1983, ouvre à l’hôpital Bicêtre, sous le bâtiment Broca, une annexe importante destinée à l’origine à recevoir des dossiers médicaux, mais où sont actuellement conservés tous les fonds collectés. En 2004, la photothèque de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, située rue des Fossés-Saint-Marcel, est rattachée au service des archives.

Missions du service
 Le service des Archives est chargé principalement :

  • De la collecte, la conservation, la mise à disposition du public (professionnel et grand public)
  • La valorisation des archives administratives et hospitalières de l’AP-HP, anciennes et contemporaines, écrites et iconographiques
  • Du conseil, de l’expertise et du contrôle des bonnes conditions d’archivage intermédiaire au Siège de l’AP-HP et dans ses sites hospitaliers.