Hôtel-Dieu

L’origine de l’Hôtel-Dieu demeure incertaine ; toutefois l’établissement existe déjà au VII siècle puisque le premier document attestant l’existence d’un hôpital servant de refuge aux indigents, aux infirmes et aux malades sur le parvis de Notre-Dame de Paris date de 651. Jusqu’au début du XVIe siècle l’Hôtel-Dieu est placé sous l’égide du clergé en particulier des chanoines de Notre-Dame. Un arrêt du Parlement du 2 mai 1505 remet l’administration de l’Hôtel-Dieu à un comité composé de huit commissaires laïques mandatés pour la gestion financière de la structure. Au début du XVIIe siècle l’hôpital subit quelques agrandissements sous la conduite des architectes Claude Vellefaux et Christophe Camard 1. Il contient en 1718 près de 2 500 patients 2 pris en charge par des religieux et des religieuses et visités par des chirurgiens.

Au cours du XVIIIe siècle l’Hôtel-Dieu est ravagé par de nombreux incendies : en 1718, en août 1737 puis de nouveau en 1742, enfin il est aux proies des flammes pendant près de onze jours consécutifs en décembre 1772. À la suite du dernier sinistre ayant entraîné la destruction de la quasi totalité des bâtiments situés sur l’ne de la Cité, les administrateurs envisagent de fermer l’Hôtel-Dieu et de le reconstruire sur un autre site. La demande de transfert de l’hôpital vers un nouvel emplacement conduit à un projet de remplacement de la structure par les hôpitaux Saint-Louis et Sainte-Anne.

Cependant l’abandon du projet suite aux lettres patentes du 22 avril 1781 aboutit au maintien de l’établissement et à l’exécution de travaux de restauration et de reconstruction sur les anciennes fondations. Pendant la Révolution, l’hôpital appelé Grand Hospice d’Humanité ou encore Maison de l’Humanité, perd son autonomie administrative et tombe entre les mains de l’administration générale des hôpitaux, avant de recouvrer sa dénomination originelle. En 1802, après s’être à nouveau agrandi l’Hôtel-Dieu, gère 2 200 lits puis 1 000 lits en 1820 et 1840 affectés notamment aux maladies aiguës. La démolition de l’ancien Hôtel-Dieu décidée en 1861 a lieu en 1878 4 après la mise en service du nouvel Hôtel-Dieu dont l’édification est décidée après avis du conseil de surveillance en mars 1865 et par décret du 22 mai suivant 5.

La reconstruction de l’ouvrage réalisée de 1867 à 1878 sous la conduite de l’architecte Diet s’effectue sur le coté nord du parvis Notre-Dame. Son inauguration par Mac-Mahon est célébrée le 11 août 1877 quelques jours après sa mise en service commencée le 30 juillet 1877 6.

 

1. Sur l’architecte Camard, voyez les références bibliographiques contenues dans le fichier biographique.
2. (B-128, p. 83).
3. (B-1114, p. 352).
4. Toutefois l’ancien Hôtel-Dieu n’est pas intégralement démoli. Les bâtiments situés sur la rive gauche de la Seine rue de la Bûcherie subsistent jusqu’en 1909, ils portent le nom d’Hôtel-Dieu annexe.
5. (C-312, p. 68).
6. (D-1, p. 369).

L’établissement gère 596 lits en 1998 1 contre 905 lits en 1960 2 et 828 en 1900 3.

Le fonds ancien de l’Hôtel-Dieu sort éprouvé de l’incendie de mai 1871. Une grande partie du fonds s’embrase, toutefois le sinistre épargne une collection aujourd’hui à disposition des chercheurs. Signalons à titre d’exemple : les comptes (1364-1599) ; les registres des minutes des délibérations du bureau de l’Hôtel-Dieu (1531-1791) ; les dons et legs (XV1e-XVIlle siècles) ; les répertoires et registres d’entrées (1749, 1791-1972) ; les répertoires et registres des décès (1793-1975) et les nombreux documents figurés dont les plans et dessins (XVIIe-XXe siècles).

Pour en savoir plus sur l’intégralité du fonds ancien (pièces disparues et pièces consultables), vous disposez de plusieurs instruments de recherche :

  • l’inventaire sommaire des archives hospitalières antérieures à 1790 4
  • une addition au fonds de l’Hôtel-Dieu 5
  • les archives de l’Hôtel-Dieu de Paris (1157-1300) 6

• le catalogue des plans et dessins d’architecture du fonds de l’ancien Hôtel-Dieu de Paris, avec quatre études critiques sur les inventaires des archives de l’Assistance publique à Paris 7.

D’autre part nous tenons à vous rappeler que la dénomination Hôtel-Dieu se rapporte non seulement à l’hôpital mais aussi jusqu’à la fin de la Révolution, à un ensemble de maisons hospitalières dépendant de l’hôpital de la Cité. Ainsi, lorsqu’il est question des hôpitaux Saint-Louis, Sainte-Anne, Saint-Marcel, Saint-Valère, Saint-Julien-le-Pauvre, vous devez systématiquement consulter le fonds ancien de l’Hôtel-Dieu : vous recueillerez ainsi de multiples données sur ces maisons. 

1. L’Hôtel-Dieu de Paris se compose également de l’unité de gérontologie la collégiale (120 lits) et des deux services d’odontologie Jean-Délibéros et Garancière ; Annuaire Politi des établissements hospitaliers publics de France, 1998, p. 85.
2. Prix de revient des établissements de l’Assistance publique à Paris, 1960, p. 74-75.
3. (D-1, p. 370).
4. Par Léon Brièle, Paris, Grandremy et Henon et imprimerie nationale, 1882-1888 (D-129. Hl, IV).
5. Par Marcel Fosseyeux, Paris, Berger-Levrault, 1905, (B-1913, 55 p.). Cet inventaire est celui de la sous-série (108 FOSS 1). Sur la découverte de ce petit fonds consultez l’ouvrage suivant (75 PER 32, p. 66- 68, 147-148).
6. Ouvrage réalisé par Léon Brièle et Ernest Coyecque. Paris, imprimerie nationale, 1894, LXI-634 p. (C-1032).
7. Par Marcel Candille, Arpajon, imprimerie coopérative arpajonaise, 1973, X-692 p. (C-1378).

1810 1835 1860 1910 1935
Entrées médecine 8254 17429 8787 6156 6833
Sorties médecine 7097 15600 7599 5134 6134
Morts médecine 1508 1811 1199 960 785
Durée du séjour médecine (en jours) 42 20 23 28 27
Entrées chirurgie 3364 4640 5667
Sorties chirurgie 3149 4428 5450
Morts chirurgie 195 227 236
Durée du séjour chirurgie (en jours) 26 22 22
Entrées maternité 3639
Sorties maternité 3589
Morts maternité 38
Durée du séjour maternité 15
Dépenses (en francs courants) 524 798 554 711 616 653 1 347 212 16 043 472