Hôpital Général (1656-1790)

Louis XIV scelle le 27 avril 1656 un édit confirmant la création d’une institution vouée à l’assistance des pauvres, appelée l’Hôpital Général Destinée à œuvrer en faveur de la suppression de la mendicité à Paris et dans ses faubourgs, l’institution s’apparente à une direction exerçant à la tête d’un groupe hospitalier. En effet, l’édit de 1656 prévoit la centralisation de l’administration de l’ensemble des maisons de secours pour agir en faveur de l’enfermement des pauvres.

Elle regroupe à son origine cinq maisons : la Salpêtrière, Bicêtre, la Pitié, la maison Scipion et la savonnerie de Chaillot. Bientôt elle s’agrandit et administre plus de dix maisons hospitalières parisiennes déjà en activité : aux établissements déjà cités s’ajoutent le Saint-Esprit, le refuge de Sainte ­Pélagie, les Enfants Rouges, le Mont de Piété et les trois maisons des Enfants Trouvés c’est-à-dire les Enfants Trouvés du faubourg Saint-Antoine, ceux de la rue Notre-Dame et ceux de l’hospice de Vaugirard.

 L’Hôpital Général de fondation royale, doit son autorité au gouvernement civil et à l’Église. Sa direction revient à plusieurs administrateurs. Parmi eux figurent quatre chefs supérieurs : l’archevêque de Paris, le procureur général du Parlement, le lieutenant de Police et le prévôt des marchands. Ces dirigeants s’assemblent en un bureau chargé de l’administration des maisons de secours gouvernées selon les règlements de l’édit de 1656. Quant à ses ressources, il les assure grâce aux dons et legs, à ses revenus issus de la gestion de son domaine, à ses droits provenus des privilèges et au travail fourni par les administrés.

Conformément aux articles énoncés dans l’édit portant établissement de l’Hôpital Général, l’institution ordonne l’enfermement des mendiants valides et invalides hommes et femmes dans un hôpital pour être employés à divers travaux pour le service intérieur de la maison.

Autrement dit, sous la protection du roi et grâce à l’action des archers chargés de maintenir la police intérieure, elle devient un lieu où les pauvres mendiants perdent leur liberté. Voilà toute l’ambiguïté d’une institution qui au nom de l’extinction de la mendicité se manifeste au moyen d’actes répressifs. Au lendemain de la Révolution, l’Hôpital Général disparaît au profit d’une nouvelle administration hospitalière : le conseil général des hôpitaux et hospices civils. Cependant, les établissements qui le composent dès 1656 continuent leur activité et survivent à leur administration.

La presque totalité du fonds de l’institution a disparu lors de l’incendie de 1871. Néanmoins, vous apprécierez l’existence de notes copiées sur des pièces détruites lors de la Commune. La lecture de l’inventaire sommaire des archives hospitalières antérieures à 1790 1 rédigé par Brièle et de l’inventaire Valette 2 consacré entre autres au fonds ancien de l’Hôpital Général vous donnera une idée exhaustive des pièces conservées. De même, le manuscrit de Bordier consacré aux archives des établissements de bienfaisance 3 vous apportera quelques indications sur le fonds de cette institution. Afin d’avoir une vue d’ensemble de l’institution que représente l’Hôpital Général vous ne manquerez pas de consulter, en complément les fonds des maisons hospitalières et maisons de secours gérées par cette institution, ainsi que leurs bibliographies respectives contenues dans  le guide des fonds.

  1. (D-129. IV, p.235-260). Il contient un inventaire analytique d’un registre des délibérations du bureau de l’Hôpital Général tenu à la Salpêtrière de 1677 à 1687, ainsi qu’un inventaire des autres pièces épar­gnées. Il contient (p. 339-345) une table des matières, une table des noms de personnes et une autre des noms de lieux.
  2. [inventaire Valette (Hôpital Général p. 1-23) s’inspire largement de l’inventaire Brièle. Il correspond en quelque sorte à une table de concordance améliorée après reconditionnement du fonds décrit par Brièle. Les pièces évoquées dans les deux inventaires sont les mêmes, cependant elles ne correspon­dent plus à des numéros de cartons (1-5 pour Brièle) mais à des numéros de liasses (liasses 1-35 pour Valette).
  3. Voir (D-124. I, p. 6-16, 288-300).